J’essaie de prendre un peu de temps pour l’ARC Situation construite. En y réfléchissant bien, pour moi cet atelier fait directement écho à l’ARC Speaker’s Corner (intervention dans l’espace public) que j’ai suivi en 3e année à l’ESA de Lorient (le blog est malheureusement aujourd’hui H.S.). Même si nous avons ici une thématique sur le paysage et « les horizons palois », il est justement intéressant, peu importe la manière, de questionner et d’intervenir dans l’espace. Pour moi ce sont juste les conditions, la situation qui changent.

L’intervention des étudiants de l’UPPA et de Cyrille Marlin m’a finalement plutôt bien aidé. Avec l’intervention des étudiants, j’ai d’une part bien apprécié le point de vue légendaire et surnaturel, ainsi que l’aspect iconographique vue à travers les sites web des communes. A priori ces deux points de vue s’opposent, mais j’ai mon idée sur ce qui pourrait rapprocher ces deux univers distincts. Avec C. Marlin, j’ai en plus intégré la notion d’être étranger à un lieu et par extension le sentiment d’étrangeté. Il y a beaucoup d’autres choses dans son intervention qui m’ont semblé vraiment pertinente comme cette idée « d’angle mort », ce que l’on ne voit pas pour diverses raisons comme par exemple l’habitude.

Pour l’instant je ne compte pas vraiment m’aventurer hors de Pau, j’aime assez l’idée de travailler avec ce dont je dispose autour de moi. Comme C. Marlin l’avait fait à Tokyo, je compte délimiter un territoire, une zone que je peux observer quotidiennement.

Pour délimiter un espace géographique on passe habituellement par la carte, on trace un contour, une frontière. Aujourd’hui en plus de la carte papier et du crayon on a des cartes interactives et d’autres moyens d’agir sur cette image du territoire. C’est cet aspect qui m’intéresse et m’influence, considérer l’espace physique comme une image ; une image à laquelle on peut infliger toutes les manipulations possibles : sélection, détourage, rotation, renversement, découpe, fragmentation, ajout ou amputation d’éléments, redimensionnent, filtres, etc. La liste peut être longue.

L’image de sélection ci-dessus m’a fait réfléchir. Je me suis imaginée que ces rectangles noirs (signe de délimitation dans Photoshop) étaient réels, flottants dans le ciel au-dessus de nos tête.

Voir sur Google 3dwarehouse

Évidemment je ne compte pas rester à l’état virtuel c’est à dire du possible ou tout simplement à la simple image écran ou imprimée. J’aimerais à un moment donné intervenir physiquement, mais là tout n’est plus envisageable, on se retrouve face aux contraintes, règles et lois physiques ou juridiques. Ce qui me plait dans l’espace virtuel, c’est la liberté, la place laissé à l’imaginaire, au surnaturel et à l’étrange. Je peux imaginer et construire un bon nombre de situations dans divers lieux, personne ne viendra me dire quoique que ce soit, mais personne ne risque non plus de découvrir ces constructions. Alors pourquoi ne pas intégrer dans l’espace physique une part de cet imaginaire, en jouant justement sur ce qui est possible et ce qui ne restera que pure fiction, faire un lien entre univers virtuel et contraintes physiques ?

Quelques influences diverses :
- http://nonmonument.com/ par Peter Baldes, Electronic Strategies Class at Virginia Commonwealth University.
Article sur Rhizome.org : http://rhizome.org/editorial/3069
- http://map.isnotthemap.net/ par Les liens invisibles
- Bruno Peinado, pièces « Tetris » de l’exposition suicidal tendencies
- 2001 : L’Odyssée de l’espace, 1968, Stanley Kubrick.
- Les alignements de Carnac
- L’inquiétante étrangeté, Sigmund Freud, 1919.
- Flatland, Edwin Abbott Abbott, 1884.

Nouvelle année, nouvelle lecture, mise à jour de ma position vis à vis de ma pratique.

En faisant des recherches documentaires sur Internet pour mon mémoire, au sujet de l’appropriation d’éléments existants (pratique dans laquelle je pense me situer), j’ai découvert un autre ouvrage de Nicolas Bourriaud, Postproduction, qui d’une certaine manière fait suite à son précédent ouvrage,  Esthétique relationnelle, à laquelle je me référais déjà pour mon DNAP au sujet de la relation à l’écran. Une coïncidence ?

Ce terme de postproduction est pour moi vraiment révélateur d’une pratique actuelle que l’on retrouve partout, c’est à dire non seulement en art mais aussi dans notre quotidien où le consommateur est également producteur (exemple du zapping, des différents usages personnalisés).
N. Bourriaud y utilise des termes propre à la culture musicale (deejaying) et informatique tels que « couper »,  « détourer », « coller », « sampler » et « monter ». Il ne s’agit pas seulement d’une étude sur la pratique de l’appropriation, mais plutôt une analyse concernant la société comme « répertoire de formes », une sorte de base de données ou une playlist, prête à être (ré-)utilisé, ré-activer sous différentes formes, ré-habiter par de nouveaux « locataires ». Ce texte s’appuie sur des exemples d’œuvres artistiques mais je pense qu’il y a également beaucoup d’exemple dans le design graphique.

Pour N. Bourriaud, il est clair que cette pratique n’inclue pas d’originalité (les artistes n’ont pas créé les éléments qu’ils utilisent) ni de nouveauté, mais un certain regard, un point de vue de l’artiste sur l’objet, tel que l’avait déjà avancé Marcel Duchamps à travers le ready made. Nicolas Bourriaud avance ici un terme qui me fait positivement sourire, celui de « communisme formel », c’est à dire dans le sens où une œuvre pourrait venir de « l’usage qu’on en fait, autant que du sens que lui donne l’artiste ».

En introduction au 1er chapitre sur l’usage des objets, N.B. se réfère à Karl Marx, à « L’idéologie allemande » et  « introduction à la critique de l’économie politique » pour avancé les notion de capital, produit, production et consommation. Là encore, cela me fait sourire car lors de mon DNAP, je citais déjà K. Marx pour, face au jury, introduire mon projet. La phrase de Karl Marx « Nous vivons dans un système d’exploitation » devenait à mon sens « Nous vivons dans un système informatisé » sans pour autant effacer la théorie de Marx. M’approprier cette phrase, était déjà une pratique de postproduction.


… in my screen

Miagnifique ! ( : http://catgifpage.blogspot.com/
(via http://www.camangepasdepain.net/)

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Affichage écran de mon mémoire à 20% de sa taille originale.
À cette échelle il s’agit d’un aperçu, fonction que tout utilisateur connait généralement, en particulier les graphistes. J’ai appliqué cette échelle pour voir plus globalement où j’en étais, visualiser toutes les pages, quantifier mes écrits (« que 15 pages ! »). Mais comme à mon habitude, je m’attarde sur cette image. À cette échelle mon texte est illisible. Sur le logiciel Open Office, si je « zoom » je pourrais le lire de nouveau, mais maintenant il s’agit d’une image, le texte est désormais figé, codé en lignes de pixels. Ce qui m’intéresse, c’est que même illisible, dénaturé, erroné, on peut aisément reconnaitre qu’il s’agit d’un texte. Lignes, espaces, interlignages, jambages ascendants et descendants restent encore identifiables. En fin de compte c’est un peu l’image que j’ai d’un texte imprimé quand mes yeux sont trop fatigués pour le lire, c’est une image synthétique, presque une icône informatique.

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C’est souvent quand on ne cherche plus, que l’on trouve ce qui nous intéresse. Comme par exemple le livre ci-dessus, consacré au Plan Informatique Pour Tous, trouvé dans une foire au livre le 6 décembre dernier. Évidemment, personnes aujourd’hui n’a plus besoin de ce livre, sauf si ce n’est pour apprendre un peu mieux en quoi consistait ce plan. Il détaille également les différents langages (comme le Logo) ainsi que les ordinateurs (MO5) utilisés. J’y apprends par exemple que le langage Logo était destiné aux enfants de 5 à 8 ans pour des exercices essentiellement de géométrie.

Je trouve l’introduction de la 4e de couverture assez amusante, avec cette cocarde « bleu, blanc, rouge », et un discours presque prophétique : ).
La date et le sujet technologique me font évidemment  penser à 1984 de G. Orwell, mais aussi à la publicité d’Apple réalisé par Ridley Scott, pour la sortie du Macintosh.

Particulièrement dans la publicité Apple, le message semble être que si on nous donne les moyens de maîtriser les outils technologiques, on aura moins à les subir. Je me demande tout de même si en maîtrisant l’outil au sens de « savoir s’en servir », on ne le subit pas moins. On en est peut-être pas tout à fait au sens totalitaire de 1984, mais ce que je veux dire c’est que « savoir s’en servir » n’est peut-être pas suffisant, il faut aussi envisager et comprendre ce que l’utilisation peut considérablement changer dans la manière de penser et d’agir.

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