« Il y a une co(Q)uille quelque part… »

Je viens de terminer le roman Solaris de Stanilas Lem (adapté au cinéma par Andreï Tarkovski en 1972). Outre le fait d’avoir aimé le récit, ce qui m’a également plu au fil des pages, ce sont les différentes imperfections et défauts d’impression sur lesquels mon regard a butté à chaque apparition. Caractères « mangés », amputés, disparition de césure ou encore légères bavures, tout ces détails me sautaient aux yeux.





Numérisation

Je me suis acharnée ces derniers jours à faire des photos des différentes éditions réalisées pour mon DNSEP. Malheureusement, malgré tous mes efforts de réglages de l’appareil photo, de l’éclairage ou dans la retouche, je trouve le résultat toujours moyen. En attendant un appareil photo et des conditions plus adaptées, mon alternative c’est le scanner. J’aime assez ce périphérique informatique, cette photocopieuse maison, un moyen de reproduction de l’image avec toutes ses petites imperfections caractéristiques. Même si le scanner, selon ses capacités, permet d’avoir une image « clean », c’est à dire sans ombre, sans flou, sans poussière ou tramage, je pense néanmoins que l’on est parfois attaché à ces particularités, ces aspects « brut de scan », un autre point de vue du « par défaut ».

On navigant sur le net, j’ai pu relever pas mal d’exemples, soit comme simple moyen de numériser l’image d’un objet, soit comme véritable matière à travailler et objet d’étude. Quelques-uns en vrac (c’est le bordel dans mes bookmarks ) : Kerstin Büchter / CFBT Library / Jeremy Jansen / Manuel Zenner / Killian Loddo .
Dans l’idée de reproduction (et de dégradation de l’image), le fax est également un outil intéressant. Le livre Fax You (Urgent Images, The Graphic Language of the Fax) y est consacré.

Numériser mes éditions, me permet en même temps de faire un point sur mes projets, de ne pas le laisser de côté maintenant que le diplôme est passé.

Petites éditions par rapport à mes recherches sur l’ASCII. J’ai lié cette recherche plutôt formelle (utilisation des caractères ASCII pour retranscrire de l’image et du texte) à une autre recherche documentaire sur la SF, l’image de la relation homme/machine ou homme/technologie du point de vue cinématographique. Ces deux projets sont encore à développer. D’une part, la façon dont j’ai ici utilisé l’ASCII est très longue et contraignante, pas intégralement automatisée et programmée informatiquement (comme on me l’a fait préciser lors de mon entretien à la HEAD). Une très grande partie à travailler donc (automatisation + rendu graphique )… D’un autre côté il y a également cette recherche liée au cinéma qui mérite que je m’y attarde aussi (de nombreux autres films en attentes)…

Une centaine de mes fragments d’images numériques détériorées appliqués en motifs. Même sur papier, ces motifs font toujours aussi mal au yeux, néanmoins la transposition sur ce support est agréable et donne de nombreuses idées d’application.

Une série d’éditions (un abécédaire) en rapport avec mon projet génératif Volatile. C’est plutôt une tentative faite dans l’urgence (avec des fautes – sorry Einstein : S ), pas encore suffisamment développée. J’ai commencé le projet Volatile dans un workshop en tout début d’année, sur la contrainte du thème « mémoire(s) » et d’un objectif d’installation dans un théâtre à Pau. J’ai alors construit un programme simple générant le mot « mémoires » à partir d’une grille de points blancs sur fond noir. En y intégrant un peu d’aléatoire l’application retranscrit le mot de manière incomplète et illisible. C’était l’idée que je voulais véhiculer sur la mémoire : l’effacement, la fragmentation ou la distorsion des souvenirs. Il y avait également une métaphore sur l’opposition noir/blanc, 0/1, présent/absent, apparition/disparition. Mon erreur est de ne pas avoir continué à travailler ce projet suite au workshop. Je n’avais à ce moment là pas vu les nombreuses possibilités génératives vis à vis d’une typographie (ou même d’une image)…

Le numéro 01 de mon fanzine Splash Screen. Il me reste 3 exemplaires que j’ai pu imprimer avant que le gestionnaire du réseau de l’ESAC ne suspende mon compte (la possibilité d’imprimer à faible coût est un bien précieux)… J‘ai pu me rendre compte de la difficulté de gérer un projet comme celui-ci (l’idée, l’appel à participation/la communication, la gestion, la diffusion) même à petite échelle. Je regrette d’avoir négligé et mis en arrière-plan ce projet qui a pourtant l’intérêt d’être tourné vers l’extérieur. J’ai trop longuement hésité, peut-être pas assez assumé. Pourtant, ayant été tellement peu généreuse le jour de mon diplôme, c’est la seule édition dont je me suis faite dépouillée, malgré ses défauts. Je réfléchit à une seconde édition, j’ai des thèmes à revendre… Il me faut juste m’organiser un peu mieux.