Erratum

Je souhaite faire une petite correction, ou plutôt un ajout au plan de mon mémoire.

Il me semble avoir clairement oublié, dans le deuxième chapitre intitulé « Appropriation » (ou « Ça fait quoi si on démonte tout ? »), une présentation de mes influences purement graphiques. Même si je pense avoir évoqué les figures les plus importantes (A. Greiman – Z. Licko) au fil des chapitres, j’ai le fâcheux sentiment d’oublier d’autres personnalités non moins importantes tant au niveau de l’influence technologique, de la notion d’appropriation, du détournement que de la remise en question des outils. Wolfgang Weingart, Wim Crouwel, Martin Woodtli, Tibor Kalman, P. Scott Makela, Buro Destruct, The Republic Designers, Lucas de Groot, Geneviève Gauckler, Jean-jacques Tachdjian, Philippe Apeloig, norm, Tomato, etc. Évidemment, plus j’y réfléchi plus j’interprète mes propres notions abordées dans le mémoire, et plus je peux y intégrer d’exemples pourtant bien différents. Il me faut faire des choix, qui dépendent directement de mon intention initiale (encore difficile à définir).

Postproduction

Nouvelle année, nouvelle lecture, mise à jour de ma position vis à vis de ma pratique.

En faisant des recherches documentaires sur Internet pour mon mémoire, au sujet de l’appropriation d’éléments existants (pratique dans laquelle je pense me situer), j’ai découvert un autre ouvrage de Nicolas Bourriaud, Postproduction, qui d’une certaine manière fait suite à son précédent ouvrage,  Esthétique relationnelle, à laquelle je me référais déjà pour mon DNAP au sujet de la relation à l’écran. Une coïncidence ?

Ce terme de postproduction est pour moi vraiment révélateur d’une pratique actuelle que l’on retrouve partout, c’est à dire non seulement en art mais aussi dans notre quotidien où le consommateur est également producteur (exemple du zapping, des différents usages personnalisés).
N. Bourriaud y utilise des termes propre à la culture musicale (deejaying) et informatique tels que « couper »,  « détourer », « coller », « sampler » et « monter ». Il ne s’agit pas seulement d’une étude sur la pratique de l’appropriation, mais plutôt une analyse concernant la société comme « répertoire de formes », une sorte de base de données ou une playlist, prête à être (ré-)utilisé, ré-activer sous différentes formes, ré-habiter par de nouveaux « locataires ». Ce texte s’appuie sur des exemples d’œuvres artistiques mais je pense qu’il y a également beaucoup d’exemple dans le design graphique.

Pour N. Bourriaud, il est clair que cette pratique n’inclue pas d’originalité (les artistes n’ont pas créé les éléments qu’ils utilisent) ni de nouveauté, mais un certain regard, un point de vue de l’artiste sur l’objet, tel que l’avait déjà avancé Marcel Duchamps à travers le ready made. Nicolas Bourriaud avance ici un terme qui me fait positivement sourire, celui de « communisme formel », c’est à dire dans le sens où une œuvre pourrait venir de « l’usage qu’on en fait, autant que du sens que lui donne l’artiste ».

En introduction au 1er chapitre sur l’usage des objets, N.B. se réfère à Karl Marx, à « L’idéologie allemande » et  « introduction à la critique de l’économie politique » pour avancé les notion de capital, produit, production et consommation. Là encore, cela me fait sourire car lors de mon DNAP, je citais déjà K. Marx pour, face au jury, introduire mon projet. La phrase de Karl Marx « Nous vivons dans un système d’exploitation » devenait à mon sens « Nous vivons dans un système informatisé » sans pour autant effacer la théorie de Marx. M’approprier cette phrase, était déjà une pratique de postproduction.

Aperçu

Miagnifique ! ( : http://catgifpage.blogspot.com/
(via http://www.camangepasdepain.net/)

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Affichage écran de mon mémoire à 20% de sa taille originale.
À cette échelle il s’agit d’un aperçu, fonction que tout utilisateur connait généralement, en particulier les graphistes. J’ai appliqué cette échelle pour voir plus globalement où j’en étais, visualiser toutes les pages, quantifier mes écrits (« que 15 pages ! »). Mais comme à mon habitude, je m’attarde sur cette image. À cette échelle mon texte est illisible. Sur le logiciel Open Office, si je « zoom » je pourrais le lire de nouveau, mais maintenant il s’agit d’une image, le texte est désormais figé, codé en lignes de pixels. Ce qui m’intéresse, c’est que même illisible, dénaturé, erroné, on peut aisément reconnaitre qu’il s’agit d’un texte. Lignes, espaces, interlignages, jambages ascendants et descendants restent encore identifiables. En fin de compte c’est un peu l’image que j’ai d’un texte imprimé quand mes yeux sont trop fatigués pour le lire, c’est une image synthétique, presque une icône informatique.

1985

C’est souvent quand on ne cherche plus, que l’on trouve ce qui nous intéresse. Comme par exemple le livre ci-dessus, consacré au Plan Informatique Pour Tous, trouvé dans une foire au livre le 6 décembre dernier. Évidemment, personnes aujourd’hui n’a plus besoin de ce livre, sauf si ce n’est pour apprendre un peu mieux en quoi consistait ce plan. Il détaille également les différents langages (comme le Logo) ainsi que les ordinateurs (MO5) utilisés. J’y apprends par exemple que le langage Logo était destiné aux enfants de 5 à 8 ans pour des exercices essentiellement de géométrie.

Je trouve l’introduction de la 4e de couverture assez amusante, avec cette cocarde « bleu, blanc, rouge », et un discours presque prophétique : ).
La date et le sujet technologique me font évidemment  penser à 1984 de G. Orwell, mais aussi à la publicité d’Apple réalisé par Ridley Scott, pour la sortie du Macintosh.

Particulièrement dans la publicité Apple, le message semble être que si on nous donne les moyens de maîtriser les outils technologiques, on aura moins à les subir. Je me demande tout de même si en maîtrisant l’outil au sens de « savoir s’en servir », on ne le subit pas moins. On en est peut-être pas tout à fait au sens totalitaire de 1984, mais ce que je veux dire c’est que « savoir s’en servir » n’est peut-être pas suffisant, il faut aussi envisager et comprendre ce que l’utilisation peut considérablement changer dans la manière de penser et d’agir.

Splash Screen, en dire plus…

Pensive à propos du workshop de Julie Morel et de mon mémoire de DNSEP, je commence à accorder un importance particulière à l’écriture, à tenter de m’exprimer de manière simple et compréhensible.
Au sujet de mon projet de fanzine je ne cesse de me dire que je me suis mal exprimé quant à mes intentions et mes attentes car les retombées que j’ai oralement sont souvent de l’ordre du « je n’ai pas bien compris » ou « je ne sais pas quoi apporter comme contribution ».
Étant étudiante j’estime avoir le droit à l’erreur. Il se trouve aussi que ce projet s’est développé et concrétisé sur les deux années passées. Dans l’urgence, j’ai lancé mon appel en juin 2009, pensant que  malgré toutes les incertitudes qui planaient sur le sujet ou le rendu, il était tout de même bénéfique de se lancer.
L’appel touchant à sa fin, je commence à faire un état des lieux, un bilan de cette première expérience et des projets à long terme.

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